Meurtre de Thomas à Crépol : Pourquoi le « racisme anti-blanc » retenu par la justice fait débat
Elise MartinPublié le 30/09/2026 à 06h07 • Mis à jour le 30/09/2026 à 06h07L'essentiel Onze accusés seront jugés pour le meurtre de Thomas Perotto, 16 ans, poignardé lors d’un bal à Crépol dans la Drôme, avec une...
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Une affaire importante se dessine sur la scène internationale. Elise MartinPublié le 30/09/2026 à 06h07 • Mis à jour le 30/09/2026 à 06h07L'essentiel Onze accusés seront jugés pour le meurtre de Thomas Perotto, 16 ans, poignardé lors d’un bal à Crépol dans la Drôme, avec une circonstance aggravante de racisme après que des témoins ont rapporté des propos comme « on est là pour planter des Blancs » ou « sale Français de merde ». Cette qualification est « assez inédite » et même « une première » pour un homicide selon un professeur en droit pénal interrogé par 20 Minutes. Il indique que le droit français ne distingue pas « les différents potentiels racismes ».
Le sociologue Éric Fassin y voit lui, « une volonté politique », interrogeant la notion même de « racisme anti-blanc ». Près de trois ans après la mort de Thomas Perotto, 16 ans, poignardé lors d’un bal à Crépol, dans la Drôme, les onze accusés seront jugés pour meurtre avec circonstance aggravante de racisme. Selon l’ordonnance des juges d’instruction, rendue vendredi dernier, ils auraient tenu, pendant la bagarre, des propos visant « la race blanche et la nation française ».
Les détails
Une formulation « assez inédite », et même « une première » pour un homicide, selon Evan Raschel, professeur en droit pénal à l’université Clermont Auvergne, interrogé par 20 Minutes. De quoi faire réagir alors « que l’instruction n’est pas tout à fait terminée » et que, « ce qui sera vraiment historique, c’est quand une juridiction de jugement va statuer », ajoute-t-il. Guillaume Fort, l’un des avocats des accusés, a déjà annoncé faire appel, sur BFM TV.
De son côté, la maire de Romans-sur-Isère, Marie-Hélène Thoraval, a salué cette décision de retenir « la circonstance aggravante de racisme anti-blanc et antifrançais ». « Affronter la réalité s’impose ! », a-t-elle écrit sur X.
La loi ne distingue pas les « racismes potentiels »Mais alors, qu’en dit le droit ? L’expression « racisme anti-blanc » ne figure pas dans la loi. L’article 132-76 du Code pénal vise l’appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion, sans désigner de groupe.
Ce que disent les experts
« La loi fait très attention à ne pas distinguer selon les différents racismes potentiels. La seule question, c’est : est-ce que la personne a été agressée, insultée ou tuée en raison de sa race. En droit, on est très objectif, si c’est le cas, c’est du racisme, point », résume Evan Raschel.
Des tribunaux ont déjà sanctionné des violences ou des injures du type « sale Blanc », mais jamais, à sa connaissance, un meurtre. « C’est rare, tout simplement parce que le racisme anti-blanc est beaucoup moins fréquent que d’autres formes de racisme », assure-t-il. Dans le dossier Djamel Bendjaballah, où j'interviens, Jérôme Décofour, néonazi, lui est passé dessus en voiture à 3 reprises.
Le sujet figure désormais parmi les plus importants de l’agenda mondial.



