Plus d’école, des téléphones qui sonnent dans le vide… Sans les femmes, le scénario d’un pays à l’arrêt
Ajouter 20 Minutes en favoriElise MartinPublié le 13/10/2026 à 06h02 • Mis à jour le 13/10/2026 à 06h02L'essentiel Ce mardi 13 octobre, le mouvement World with women invite toutes les femmes à s’arrêter pendant une...
December 31 — İsrail x Hamas Ateşkes II. Aşama...?
Une affaire importante se dessine sur la scène internationale. Ajouter 20 Minutes en favoriElise MartinPublié le 13/10/2026 à 06h02 • Mis à jour le 13/10/2026 à 06h02L'essentiel Ce mardi 13 octobre, le mouvement World with women invite toutes les femmes à s’arrêter pendant une journée pour rappeler l’importance des femmes dans la société et appelle à plus d’égalité. 20 Minutes a demandé à deux spécialistes du sujet à quoi ressemblerait une journée en France sans la contribution des femmes. L’historienne et sociologue Fanny Gallot et l’économiste Rachel Silevra rappellent ainsi à quel point les femmes occupent massivement les emplois indispensables au fonctionnement du pays (enseignement, santé, services) et assurent l’essentiel du travail domestique, gratuit et souvent invisibilisé.
Imaginons un mardi comme les autres, sauf qu’aucune femme ne travaille, ni contre une rémunération, ni gratuitement à la maison. À quoi cette journée pourrait bien ressembler ? Prenons l’exemple avec un père de famille.
Les détails
L’absence de contribution de sa partenaire peut très vite se faire ressentir. Dès le réveil, il faut penser à la préparation du petit-déjeuner, habiller les enfants et les emmener à l’école. Sauf que, devant l’établissement, « la porte est fermée », lance l’économiste féministe Rachel Silvera.
Car, selon l’Education nationale, 71 % des enseignants du public sont des femmes, 86 % dans le premier degré. Les crèches aussi sont closes, car les femmes représentent 99 % des auxiliaires de puériculture, et 97 % des assistantes maternelles, d’après les chiffres de l’Insee. Au bureau, sale, car 73 % des agentes d’entretien sont des femmes, le téléphone sonne dans le vide toute la journée, 97 % des secrétaires étant des femmes.
A midi, rien à manger car ce sont les femmes qui tiennent les cantines ou font les gamelles de leur conjoint. Le soir, il faut continuer de gérer les enfants, leurs devoirs, leur toilette, mais aussi faire courses, – sans caissière car elles représentent 76 % des employés – puis improviser un dîner. Pas besoin d’aller jusqu’à l’hôpital, car lui aussi sera incapable de fonctionner sans les aides-soignantes (plus de 90 % de femmes) et les infirmières (87 %), selon Séverine Lemière, interrogée par Brut.
Ce que disent les experts
« L’Ehpad risque d’appeler pour dire qu’un parent n’a personne pour s’occuper de lui et qu’il faut venir en urgence, ajoute l’économiste. On peut continuer encore longtemps. »Un pays paralyséChez soi, l’arrêt est donc tout aussi net.
Des chiffres de l’Ined montrent que dans les couples hétérosexuels où les deux travaillent et ont un enfant de moins de 14 ans, les femmes assurent en moyenne 72 % de la gestion du linge, 62 % de la préparation des repas et 60 % du ménage. « Si ces tâches cessent d’être prises en charge par les femmes, elles ne sont plus prises en charge du tout », indique l’historienne et sociologue Fanny Gallot.
Le sujet figure désormais parmi les plus importants de l’agenda mondial.




