Législatives en Russie : La Douma, une « chambre d’enregistrement » du Kremlin toujours plus réactionnaire
Mathilde DurandPublié le 18/09/2026 à 06h47 • Mis à jour le 18/09/2026 à 06h47L'essentiel Les élections législatives ont lieu de vendredi à dimanche en Russie afin d’élire les 450 membres de la Douma d’Etat, la chambre...
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Une affaire importante se dessine sur la scène internationale. Mathilde DurandPublié le 18/09/2026 à 06h47 • Mis à jour le 18/09/2026 à 06h47L'essentiel Les élections législatives ont lieu de vendredi à dimanche en Russie afin d’élire les 450 membres de la Douma d’Etat, la chambre basse du Parlement. Si l’institution n’est désormais qu’une « chambre d’enregistrement » de la volonté du Kremlin, elle n’est pas pour autant inactive. De nombreuses lois y sont votées, signe d’une « surenchère réactionnaire » assumée par certains députés, par zèle ou par alignement sur la vision de Vladimir Poutine.
Un vote qui laisse peu de place au suspens. De vendredi à dimanche, les Russes sont appelés aux urnes à l’occasion des élections législatives, les premières depuis le début de la guerre en Ukraine. Les 450 membres de la Douma, chambre basse du Parlement, seront élus pour un mandat de cinq ans, la moitié par un vote de liste à l’échelle nationale, l’autre par un scrutin uninominal dans des circonscriptions.
Les détails
Malgré les difficultés liées à la guerre et à la situation économique du pays, le parti de Vladimir Poutine, « Russie unie », va arriver en tête. La formation politique détient actuellement 310 sièges et doit viser les 300 pour garder sa majorité écrasante. Selon un sondage de l’institut public VTsIOM diffusé fin août, il totalise déjà 37 % d’intentions de vote, largement devant ses concurrents.
Le Parti communiste, deuxième, est à 11,6 %. « Depuis le début des années 2000 et l’arrivée au pouvoir de Poutine, aucune force d’opposition n’est représentée à la Douma », souligne Françoise Daucé, directrice d’études à l’EHESS et membre du Centre d’études russes, caucasiennes, est-européennes et centrasiatiques (CERCEC). Pour cette spécialiste de la Russie contemporaine, les scrutins dans le pays ne sont qu’un « moyen de réaffirmer contrôle de l’Etat ».
« L’imprimante en folie »Pourtant pensée dans la Constitution russe comme un outil du pouvoir législatif, séparé du pouvoir exécutif et judiciaire, la Douma a perdu sa pluralité. « C’est une chambre d’enregistrement des décisions du Kremlin depuis des années », abonde Ulrich Bounat, analyste en géopolitique et chercheur associé chez Eurocreative. Et d’ajouter : « Il faut bien comprendre que tous les partis représentés ont été validés par le pouvoir ».
Les candidats d’opposition ont été largement écartés, à l’instar du parti antiguerre Iabloko ou de Boris Nadejdine, déclaré « agent de l’étranger » en juillet dernier. Au sein du Parlement, on retrouve ainsi des formations contrôlées : le Parti communiste (KPRF), les nationalistes du Parti libéral démocrate (LDPR), « Nouvelles personnes », se revendiquant pour les jeunes en faveur du numérique, et les conservateurs de « Russie juste », « très portés sur la guerre », précise l’expert. Et la Douma n’est pas inactive.
Le développement a suscité une large attention internationale, les milieux diplomatiques le suivant de près.



