« Arbres », « Noix », « Qui ? »… Comment la fachosphère contourne la censure en ligne avec à un vocabulaire codé
Cécile De SèzePublié le 28/09/2026 à 07h07 • Mis à jour le 28/09/2026 à 07h07L'essentiel La fachosphère utilise des noms de codes pour véhiculer ses idées racistes et antisémites sur les réseaux sociaux. Des mots en...
December 31 — İsrail x Hamas Ateşkes II. Aşama...?
Voici les dernières actualités du monde entier : Cécile De SèzePublié le 28/09/2026 à 07h07 • Mis à jour le 28/09/2026 à 07h07L'essentiel La fachosphère utilise des noms de codes pour véhiculer ses idées racistes et antisémites sur les réseaux sociaux. Des mots en apparence anodins leur permettent de passer sous les radars des algorithmes et du grand public tout en inondant la Toile de leur idéologie. Ces contenus risquent de se multiplier dans un contexte électoral où l’extrême droite fait partie des favoris.
«Près des arbres et des noix, loin des arbres et des noix. » Quand la fachosphère veut exprimer en ligne des idées racistes, antisémites, anti-immigration, xénophobe, elle sait utiliser des formules codées pour échapper à la modération des algorithmes, mais aussi pour se reconnaître en passant sous les radars du grand public. Une sorte de langage pour ne pas être repéré par ceux qui ne partagent pas les mêmes idées.
Les détails
C’est ce que l’on appelle un « dog whistle », « un signal envoyé à ceux qui le connaissent », développe sur France Info Daphné Deschamps, journaliste chez StreetPress. « Ils veulent nous museler, à nous de nous montrer plus malins », confirme un commentaire sur le site d’extrême droite Boulevard Voltaire. Parmi ceux utilisés depuis des années par les militants d’extrême droite : « Noix », pour noirs, « arbres », pour Arabes, « qui ?
» pour les juifs, ou encore la phrase « tout le monde sait » en commentaire d’un fait divers, laquelle sous-entend la culpabilité des immigrés « d’une manière plus subtile », analyse Romain Fargier, chercheur en sciences politiques au Cepel de l’université de Montpellier. Poste publié sur TikTok reprenant les formules racistes "noix" et "arbres". - TikTokLe « code » étant rarement détaché d’un contexte, l’injure raciste peut néanmoins être retenue par un juge « s’il découvre une allusion claire et univoque à quelque chose de radical », prévient Baptiste Buissart, avocat pénaliste et enseignant en cybercriminalité à l’université catholique de Lille.
Une promotion « plus subtile »Le Dog whistle, c’est comme du marketing : « Quand on parle en dog whistle, le pouvoir d’évocation est très puissant, c’est comme si on caressait d’autres parties du cerveau », explique à Radio France, Illana Weizman, sociologue et autrice. L’exemple du slogan « C’est Nicolas qui paye » en est une parfaite illustration. Utilisée d’abord par le streamer Bouli pour mettre en opposition l’archétype du Français blanc de 30 ans et les immigrés et retraités, l’expression s’est largement popularisée sur les réseaux sociaux et est désormais utilisée pour dire que « ce sont les blancs qui payent ».
« Ça permet d’envahir les esprits et les espaces avec cette idée, c’est une forme de victoire des idées pour eux », ajoute Romain Fargier.
Le sujet figure désormais parmi les plus importants de l’agenda mondial.



