« C’est la dernière chance pour ces victimes du chlordécone d’obtenir une forme de justice »
Elsa ProvenzanoPublié le 20/09/2026 à 09h02 • Mis à jour le 20/09/2026 à 09h02L'essentiel Une plateforme pour informer et accompagner les travailleurs exposés au chlordécone souhaitant solliciter une indemnisation du...
December 31 — İsrail x Hamas Ateşkes II. Aşama...?
Une affaire importante se dessine sur la scène internationale. Elsa ProvenzanoPublié le 20/09/2026 à 09h02 • Mis à jour le 20/09/2026 à 09h02L'essentiel Une plateforme pour informer et accompagner les travailleurs exposés au chlordécone souhaitant solliciter une indemnisation du préjudice d’anxiété a été mise en ligne. Les avocats à l’origine de cet outil veulent rassembler les dossiers d’anciens travailleurs antillais concernés, avant la fin du délai de prescription, le 31 décembre 2026. Sur la base d’autres dossiers similaires, ils estiment à environ 10.
000 euros l’indemnisation de cette crainte de développer un cancer de la prostate. C’est un peu l’arbre qui cache la forêt. Au-delà des maladies déclarées, peu de victimes du chlordécone se sont manifestées auprès de la justice alors même que plus de 80 % des adultes de Guadeloupe et de Martinique sont contaminés au chlordécone et un sur six dépasse le seuil de risque sanitaire, révélait une étude de Santé publique France, le 24 juin dernier.
Les détails
Une plateforme vient d’être mise en ligne pour les travailleurs qui ont été exposés au chlordécone, et veulent faire valoir leur préjudice d’anxiété. « C’est une façon de créer un point d’entrée unique d’information et de contact d’avocats pour permettre d’interrompre le délai de prescription d’ici le 31 décembre, fait valoir Gabrièle Gien, avocate spécialiste du droit à l’environnement au sein du cabinet Phusis avocats, qui pilote la plateforme « Action chlordécone : indemnisation des travailleurs » avec Quetzal avocats. C’est une dernière chance pour ces victimes, d’obtenir une forme de justice.
»La peur de développer un cancer indemniséeDepuis la création du fonds d’indemnisation des victimes de pesticides, (le FIVP) seulement une centaine de demandes a été reçue, alors que des dizaines de milliers d’anciens travailleurs ont été exposées. « Evidemment, ils ne sont pas tous tombés malades, en revanche ils ont tous été exposés à un surrisque de développer un cancer de la prostate, précise l’avocate. C’est le préjudice d’anxiété qu’on indemnise, c’est-à-dire le préjudice moral lié à la peur de développer ce cancer.
»Pendant les années 1970, 1980 et jusqu’en 1993, le chlordécone, ce pesticide dont on sait qu’il est nocif pour la santé humaine, a été appliqué sur les bananeraies, dans les Antilles, pour lutter contre le charançon. Classé depuis 1979 comme agent possiblement cancérogène, il reste utilisé dans les Antilles, par dérogation, jusqu’en 1993 alors qu’il était interdit dans l’Hexagone dès 1990. « En général, les travailleurs concernés ont entre 60 et 80 ans et ce sont leurs enfants qui prennent en charge la demande, qui rassemblent les documents pour nous les adresser, pour qu’on puisse prendre en charge leur dossier », rapporte maître Gabrièle Gien, qui accompagne avec son confrère sept travailleursUne indemnisation autour de 10.
Le développement a suscité une large attention internationale, les milieux diplomatiques le suivant de près.



