Changement climatique : Ces « plombiers » des forêts annoncent le seuil de dépérissement de plusieurs espèces d’arbres
Ajouter 20 Minutes en favoriElsa ProvenzanoPublié le 02/11/2026 à 08h02 • Mis à jour le 02/11/2026 à 08h02L'essentiel Une forêt expérimentale a été plantée en 2021 près de Bordeaux pour étudier les effets de la...
December 31 — İsrail x Hamas Ateşkes II. Aşama...?
Voici les dernières actualités du monde entier : Ajouter 20 Minutes en favoriElsa ProvenzanoPublié le 02/11/2026 à 08h02 • Mis à jour le 02/11/2026 à 08h02L'essentiel Une forêt expérimentale a été plantée en 2021 près de Bordeaux pour étudier les effets de la sécheresse sur les arbres. Une passerelle permettant un accès à la canopée a été installée sur le site cet automne. Les données récoltées, en cours d’analyse s’agissant de 2026, montrent que certaines espèces d’arbres ont déjà atteint leur seuil critique.
Les grandes cultures, comme le colza, seraient aussi menacées au sud de la Loire. En bon « plombiers » des arbres, des chercheurs bordelais étudient leur appareil vasculaire, à savoir comment ils transportent l’eau dans leur vaisseau et ce qui se produit lors des canicules. Qu’est-ce que le dérèglement climatique et ses événements extrêmes comme les sécheresses font aux arbres et aux cultures ?
Les détails
Peuvent-ils s’adapter ? Existe-t-il des espèces plus résistantes que d’autres ? Autant de questions dont se sont emparées les équipes de Sylvain Delzon directeur de recherche à INRAE (Institut national de recherche agronomique) et à l’université de Bordeaux.
Après l’implantation d’une forêt expérimentale en 2021 à Floirac, près de Bordeaux, privant certains arbres d’eau de pluie, une passerelle vient d’être installée cet automne pour étudier la canopée. Un système de chauffage des branches a été installé sur les hauteurs de la passerelle et permet de « regarder l’impact de deux degrés de plus sur la mise en place des feuilles et des bourgeons, pour comprendre les conséquences sur la reproduction des arbres », détaille le chercheur. Le frêne et le chêne pédonculé menacés au sud« Les capteurs qu’on a installés il y a plusieurs années montrent déjà clairement qu’il y a des espèces qui sont très proches de leur seuil de dépérissement ou qui l’ont franchi, comme le frêne et le chêne pédonculé, développe-t-il.
On voit du dépérissement, des descentes de cimes, de la mortalité de branches, des dessèchements et des mortalités. » Ce n’est pas la mort de l’espèce en elle-même qui se profile mais plutôt la fin de son implantation dans certaines zones. Pour les mêmes raisons, on voit des espèces méditerranéennes qui remontent et élargissent leur aire de répartition, comme le chêne vert.
Ce que disent les experts
Pour le frêne notamment, le chercheur décrit la propagation d’embolies vasculaires, « c’est-à-dire des bulles d’air qui se propagent dans ces vaisseaux et qui les rendent impropres au transport de l’eau, qui conduisent à des dessèchements de branches, d’organes et de la mortalité d’individus. » Alors que la mortalité « normale » en forêt est de l’ordre de 0,5 %, elle peut atteindre 10 % en cas de sécheresse sévère. Les épisodes de 2022 et 2026 ont asséché considérablement les sols et les sous-bois et créent du combustible.
Résultat : deux feux hors normes en 2022 et en 2026.
Le sujet figure désormais parmi les plus importants de l’agenda mondial.



