Sur les îles grecques, le maintien des écoles publiques pour une poignée d’enfants peut-il encore durer ?
Jean-Loup DelmasPublié le 28/09/2026 à 06h32 • Mis à jour le 28/09/2026 à 06h32L'essentiel La loi grecque impose qu’une école soit présente sur chaque île comptant au moins un enfant, en faisant le pays européen avec le...
December 31 — İsrail x Hamas Ateşkes II. Aşama...?
Voici les dernières actualités du monde entier : Jean-Loup DelmasPublié le 28/09/2026 à 06h32 • Mis à jour le 28/09/2026 à 06h32L'essentiel La loi grecque impose qu’une école soit présente sur chaque île comptant au moins un enfant, en faisant le pays européen avec le ratio le plus faible d’élèves par enseignant (7,4 en primaire) au vu du nombre d’îles. Des cas d’école avec un seul enfant ont souvent fait les gros titres de la presse hellénique. Cette noble politique devient difficile à maintenir face à l’exode des jeunes familles des îles et à la dénatalité.
En Grece, le nombre d’élèves a chuté de 13 % en sept ans. L’île d’Agistri, avec seulement 87 enfants pour trois écoles et une dizaine d’enseignants, illustre à la fois toute la beauté de ce système, et les difficultés à le maintenir en place. De notre envoyé spécial à Agistri,C’est sans doute parce que le héros grec le plus célèbre de l’histoire a galéré dix ans en mer avant de retrouver sa terre que la loi hellénique est aussi formelle.
Les détails
Pour garantir une éducation correcte à tous, chaque île grecque qui compte le moindre enfant doit disposer d’une école sur son sol. Ainsi, ni flots déchaînés pour se rendre en classe, ni risque de croiser cyclope ou sorcière transformant les élèves en cochons à la sortie des cours. À Arki, petit bout de terre flottant dans la mer Egée, un garçon nommé Khristos avait ému le pays en étant pendant plusieurs années le seul et unique élève de l’école primaire de l’île.
Autre cas singulier, Pserimos, 30 âmes au total, avait rouvert son école maternelle, puis son école primaire quelques années plus tard, pour accompagner l’évolution des deux seuls bébés de l’île. Trois écoles, une dizaine d’enseignants, moins de cent enfantsCes bastions de scolarité insulaire font drastiquement baisser la moyenne d’élèves par classe dans tout le pays. Avec 7,4 élèves par professeur en primaire, la Grèce affiche le ratio le plus faible d’Europe, loin de la moyenne des Vingt-Sept (13,3) et à des océans de la France (17,9)*.
Moins marqué par l’Odyssée, Paris oblige par exemple les adolescents bretons des îles du Ponant à passer leur lycée sur le continent, en internat, loin de leur terre natale. L’île d’Agistri ne compte, elle, qu’un millier d’habitants, et parmi eux, 87 enfants. Athènes est à moins d’une heure de ferry.
Ce que disent les experts
Encore plus proche trône Egine, île voisine six fois plus grande et douze fois plus peuplée, à seulement dix minutes en bateau. Malgré ces proximités géographiques, Agistri dispose d’une école maternelle, d’une école primaire, ainsi que d’un établissement combinant collège et lycée. Le tout pour une dizaine d’enseignants - chiffre extrêmement flou et variable au gré des aléas bureaucratiques.
« S’il n’y avait pas l’école, l’île serait déjà morte »« C’est important de maintenir des écoles, car nous voulons des jeunes sur l’île », soutient Dimitrios Anastasiou, le maire.
Le sujet figure désormais parmi les plus importants de l’agenda mondial.



